jeudi 24 avril 2014

Reconnaître le droit fil


Pour un tissage on parle de fil de chaine, de fils de trame, de lisière et de biais.
-       Les lisières sont les bords du tissu de chaque coté et ne s’éfilochent pas. Ils sont souvent tissées plus serré, et elles ont certaines fois des inscriptions.
-       Le fil de chaine se trouve dans le sens du fil, parallèles aux lisières.
-       Le fil de trame est perpendiculaires aux fils de chaine de chaque coté du tissu.
-       Le biais est une diagonale entre le fil de chaine et le fil de trame.
Si vous disposez d’une laize entière, la largeur du tissu, l’idendification du droit fil est très facile. Si vous avez un tissu sans lisière vous pouvez trouver le droit fil en tirant sur le tissu, dans le sens de la chaine il résiste plus que dans le sens de la trame.
Il est important de connaître le droit fil de chaque tissu que l’on travail, pour en assurer une bonne tenue. Pour des modèles de jupes on peut couper dans le biais.

mercredi 23 avril 2014

Le Denim


Le terme denim est dérivé de "serge de Nîmes", cependant, le tissu français ainsi désigné était un mélange de laine et de soie.

Le denim « moderne » est un solide tissu en coton produit dès le début du XIXe siècle aux États-Unis, notamment par l'Amoskeag Manufacturing Company. Au tournant du XXe siècle, la production de cette société est peu à peu supplantée par le denim produit dans les États du Sud comme ceux de la Cone Mills (Greensboro) ou Erwin Cotton Mills (Durham) en Caroline du Nord. Ainsi, la filature Cone commence à approvisionner Levi Strauss vers 1915 et devient fournisseur exclusif en 1922.

Actuellement, la production est chinoise, turque, indienne (Raymond UCO Denim), américaine (Cone Mills), brésilienne (Tavex-santista) ou japonaise (Kurabo).

Le tissage très serré est fabriqué à partir d'une chaîne teinte en bleu à l'origine et d'une trame écrue ou blanche. Les fils de trame sont entrelacés à un angle de 90 degrés avec les fils de chaîne, ce qui génère un dessin de lignes diagonales caractéristique du sergé.

La majorité des jeans est confectionnée à partir d'une toile "droitière" c'est-à-dire dont la diagonale du tissu sur son endroit monte du coin inférieur gauche vers le coin supérieur droit. La marque Lee utilise au contraire principalement un tissu gaucher,  réputé plus doux au toucher. Le fait qu'il y a un ou deux fils de chaîne détermine le sens de la diagonale du tissu.

Jusqu'à la fin des années 1970, la plupart des denims étaient constitués de fils tournés,torsadés ensemble et non simplement soudés comme pour les denims plus récents moins onéreux

mardi 22 avril 2014

Le bon tissu pour coudre


Un mauvais tissu, et le vêtement ne tombe pas bien.

Tout d’abord, la première question à se poser est : le vêtement doit-il avoir de la tenue ou non? le tissus doit-il être raide ou souple? Il s’agit du drapé du tissu, la façon dont celui-ci tombe sur le corps. Avec un tissu rigide, raide et le vêtement tient « tout seul » : par exemple, sur une robe, la jupe ne colle pas aux jambes.

Il faut visualiser le vêtement final tel que vous le désirez et regarder également les indices donnés par le patron : le tombé du col et des manches, celui de la jupe…
A partir de la réponse, vous pourrez mieux choisir le tissu ! Il suffit en effet de connaître les tissus qui drapent et ceux qui tiennent :

- tissus souples, tombant / qui drapent : le crêpe  qu’il soit de soie, georgette, la charmeuse, le jersey (de laine ou de coton), le lin.
- tissus raides, qui ont de la tenue : la faille, le coton, le shantung, l’organza, l’organdi.

Il faut également regarder le poids du tissu: attention, cette caractéristique n’est en aucun cas liée à la tenue du tissu. Ainsi, un shantung sera lourd et épais alors qu’un organdi de coton sera très léger, mais ces deux tissus ont autant de tenue. C’est à vous de savoir si vous souhaitez un tissu épais, lourd ou au contraire léger.

Pour vous donner une idée, de la soie georgette est un tissu léger alors que la laine est lourde. Une popeline de coton peut-être considérée comme entre les deux.

Enfin, si le vêtements comportent certains éléments impossibles à coudre si le tissu est trop mou, vous vous orienterez vers des tissus plus rigides : les cols châles et les poignets demandent un minimum de tenue. Si vraiment vous tenez à un tissu souple, vous éviterez les tissus vraiment trop mou et vous devrez rajouter de l’entoilage pour rigidifier quelque peu le tissu.

Enfin, certains tissus sont très difficiles à coudre. Par exemple le satin et en particulier la charmeuse est un tissu très glissant et vous aurez du mal si vous n’en avez pas l’habitude à assembler les pièces ! (mais rien ne vous empêche d’essayer, certains satins ne sont pas du tout chers). D’autres auront tendance à s’enrouler sur eux-mêmes ou à beaucoup s’effilocher. Il faut donc regarder le bord du tissu (pas la lisière!) et vérifier si il s’effiloche ou non, s’il s’enroule sur lui-même…

Vous pouvez essayer de draper le tissu sur vous pour imaginer la robe ou le vêtement dans la couleur choisie.
Pour se familiariser avec les différents types de tissus, le mieux est de se promener dans un magasin de tissus et de les regarder, de les toucher pour sentir leur épaisseur. Vous pouvez également essayer de les draper sur votre main ou la table du magasin pour imaginer comment ils vont tomber.

lundi 21 avril 2014

Les fibres de cellulose modifiée


Il est possible d'utiliser la cellulose extraite du bois et traitée chimiquement. Ces traitements permettent la fabrication de viscose qui pourra être utilisée dans la fabrication de tissus (rayonne), de films (cellophane) ou d'éponges dites végétales.

Inventée en 1884 dans l'Isère par le comte Hilaire de Chardonnet, la viscose appelée encore "soie artificielle ", fabriquée à partir de la pâte de bois, connaît un développement important jusque vers 1950. Ensuite, elle sera concurrencée par les textiles synthétiques. La viscose est de la cellulose de bois remaniée par traitements chimiques (habituellement par la soude qui rompt les liaisons Hydrogène) et physiques (régénération par extrusion à travers une filière et étirement pour la rendre textile). Ces techniques permettent d'obtenir des filaments (viscose) ou des couches minces (cellophane).

La rayonne (ou soie artificielle) et la fibranne sont fabriquées avec des fils de viscose. Leur fabrication est source de pollution due aux déchets chimiques mais un radio traitement ou radient est actuellement expérimenté, il permettrait de réduire le traitement chimique et ses déchets toxiques.

dimanche 20 avril 2014

« Quand la toile va... »


Du XVIe au XVIIIe siècle, la Bretagne est l'une des premières provinces toilières de France. Les toiles de chanvre qu'elle produit équipe une grande partie des marines européennes, ses toiles de lin sont exportées vers l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et, par elle, l'Amérique.
Cette activité toilière a des conséquences importantes sur le plan économique (prospérité), démographique (augmentation de la population) et artistique (maisons de marchands, enclos paroissiaux, etc.).

Si le lin et le chanvre sont cultivés un peu partout dans la province, certaines régions se spécialisent dans la production toilière. Les graines de lin importées par les ports sont plantées dans les sols fertiles de la côte Nord et du bassin de Rennes. Le tissage est réalisé par des paysans-tisserands et constitue une activité de complément. Enfin les toiles finies sont exportées par les ports. Ainsi c'est toute la Bretagne qui est concernée par cette activité.
Commerce mondial

Du XVIe au XIXe siècle, cette activité toilière place la Bretagne au coeur d'un vaste système d'échange planétaire. Les graines de lin sont importées de Lituanie, via la Baltique et les Flandres, par le port de Roscoff ; les toiles sont exportées vers l'Angleterre et l'Espagne par les ports de Saint-Malo, Morlaix, Landerneau, … De l'Espagne, où sont implantés des marchands français, les toiles de lin et de chanvre gagnent les colonies d'Amérique.
Diversité et richesse

L'intense activité toilière que connaît la Bretagne du XVIe au XVIIIe siècle lui apporte une richesse importante qui transparaît aujourd'hui dans celle, quantitative et qualitative, de son patrimoine.
Le patrimoine lié au chanvre et au lin peut être classé selon trois catégories. Il s'agit tout d'abord d'un patrimoine lié à la production et au traitement des plantes à fibre, ainsi qu'à la production de toiles : routoirs, maisons buandières (ou « kanndi »), maisons de paysans-tisserands, manufactures, etc. Il s'agit aussi d'un patrimoine lié au commerce des graines et des toiles : maisons de marchands toiliers, hôtels de négociant, halles, etc. Il s'agit enfin d'un patrimoine indirectement lié à cette activité.

Outre une richesse individuelle, l'activité toilière est à l'origine d'un enrichissement collectif par le biais des offrandes faites aux fabriques des paroisses. Cet enrichissement et la concurrence entre paroisses expliquent notamment l'édification d'églises somptueuses et d'enclos paroissiaux dans le Finistère.

samedi 19 avril 2014

Le chanvre


Le chanvre,  famille des Cannabinaceae, est une plante annuelle herbacée à feuilles palmées. Cannabis sativa est cultivé pour sa tige (fibre textile), ses graines (chènevis pour les oiseaux et huile). Le chanvre indien, Cannabis indica, est utilisé pour sa fumée hallucinogène. En fait, il s'agit seulement de deux variétés qui diffèrent par la teneur en substances psychotropes. Le principe actif est le tétrahydrocannabinol qui va de 0 à 0,2 % pour les variétés autorisées à plus de 10% pour les variétés utilisées comme drogue.

La culture du chanvre, sous contrat de production, autorisée avec des variétés certifiées "non drogue", est soumise à déclarations officielles dans le cadre de la réglementation de la culture du chanvre en France. La réglementation diffère dans d'autres pays où le tétrahydrocannabinol entre dans la composition de médicaments analgésiques particulièrement efficaces contre les douleurs intenses dues à la sclérose en plaques et à certains cancers.

Le chanvre est originaire d'Asie centrale et s'est répandu vers la Chine, toute l'Asie et le bassin méditerranéen. Dès le Vème siècle avant J.C., ses propriétés psychotropes étaient connues. En Chine, on le cultive depuis environ cinq mille ans av. J.C. pour l'alimentation, la pharmacopée et la confection de vêtements, puis plus tard pour la fabrication de papier.
Chrétien de Troyes en parle dans le roman de Perceval (XIIIème siècle) : "... ma bonne grosse chemise de chanvre ...". Les lieux dits "chenevières" ou "canebières" en sont témoins avec leur étymologie commune venant de l'ancien français : cheneve, chanvre.

Les cultivateurs de la Sarthe ont connu, avec le chanvre, une période prospère de plusieurs siècles. L'apogée de cette culture eut lieu au XVIIIème siècle. Le Haut Maine produisait alors 4 300 000 livres de chanvre, devant l'Anjou et la Touraine. Le Bas Maine en produisait aussi mais se consacra plutôt à la culture du lin. D'autres régions le cultivaient : la Bretagne, la Bourgogne, la région de Lyon, le Poitou et l'Auvergne pour un total 176 000 hectares en France. Actuellement, les cultures se limitent à 8 000 hectares environ.
La culture s'est particulièrement développée dans la Sarthe, région du Mans. C'est une culture peu exigeante, peu parasitée sauf parfois par les orobanches (plantes parasites des racines d'autres plantes). Elle étouffe les mauvaises herbes et peut être faite sur des terres à blé qui sont alors rendues propres et libérées pour septembre.

La fabrication pour la marine entraîne la culture de variétés grossières et robustes. En conséquence, le chanvre français grossier et cassant va être détrôné par des chanvres importés de meilleure qualité ainsi que par des textiles exotiques qui arrivent sur le marché en quantité dès la fin du XIXème siècle.

Actuellement, sa culture a pris un nouvel essor vers 1970 et perdure dans la Sarthe, dans l'Aube et dans leurs départements limitrophes ainsi que dans certains départements de Bretagne, et de l'Est. La production française constitue 50% de la production européenne (22 000 tonnes environ par an).
Les tissus et vêtements de chanvre : quelques entreprises tentent de relancer leur fabrication . Les fils de chanvre peuvent être tissés avec d'autres fibres végétales ou animales, et les tissus teintés. Un nouveau procédé est expérimenté : la "cotonisation", procédé qui traite la fibre épaisse afin de l'affiner et la rendre utilisable sous forme de tissus souples pour sous vêtements ou maillots.

vendredi 18 avril 2014

Le lin


Le lin, famille des Linaceae, est une plante herbacée annuelle de régions tempérées, à croissance rapide, à fleurs bleues ; un champ de lin en fleurs offre un spectacle magnifique.
Parmi deux cents espèces, la plus cultivée est Linum usitatissimum L. (signifie "lin usuel" au superlatif).

Le lin est originaire du Moyen Orient (Egypte, Perse) et s'est adapté à de nombreuses régions. Les communautés néolithiques du Levant le cultivaient déjà sept mille cinq cents ans avant J-C, avec les premières céréales et légumineuses domestiques, pour des usages textiles. On en retrouve trace en France depuis plusieurs millénaires (cités sub-lacustres du Jura) sous forme de fragments de toile. Les archéologues ont également trouvé des peignes à tisser et à serrer les trames, des pelotes de fils, des aiguilles, des fuseaux de bois utilisés pour le filage du lin.

Pline l'Ancien a consacré un volume de son Histoire naturelle à cette plante qui fournit des fils d'une "blancheur et d'une finesse remarquable ...". Les voiles de la flotte d'Alexandre Le Grand sont fabriquées avec cette fibre ; "les Gaules toutes entières tissent des voiles". Les techniques détaillées par Pline sont, dans leurs grandes lignes, toujours celles utilisées actuellement.
Le lin est cultivé dans la plupart des pays tempérés ou chauds. En France, la culture se fait actuellement dans le Nord et la Picardie, la Normandie, la Bretagne et l'Anjou. Le climat le plus favorable est tempéré et légèrement humide. Le lin nécessite des terres riches et meubles. Il existe une centaine de variétés de lins textiles dont quatre principalement cultivées et choisies en fonction de leur productivité en fibres, maturation précoce, résistance aux maladies.

Les semis (de mars à avril) sont denses de façon à obtenir des tiges droites et peu ramifiées. Le vent et les orages peuvent coucher à terre les tiges, ce qui porte préjudice à la récolte. Ce phénomène est appelé "verse". La croissance des tiges est rapide, environ 10 mm par jour ; les tiges atteignent 80 cm à 1m et se développent d'avril à juin. La maturité est atteinte en juillet.
La fleur hermaphrodite, régulière, dialypétale à ovaire supère, donne une capsule à cinq lobes contenant chacun deux graines. La plante arrive à maturité en juillet, les tiges jaunissent. La plante est arrachée et non coupée pour une meilleure préservation de la base des fibres. 

Les utilisations du lin
Le lin est filé soit "à sec" tel que le coton, soit "au mouillé" (dégommage dans l’eau chaude) qui rend le fil plus fin.

  • La filature se fait par simple torsion des fibres.
  • Le tissage consiste à entrelacer les fils de chaîne et de trame.
Comme le coton, le lin peut être blanchi, teint ou imprimé. Il donne un tissu souple, confortable, très agréable par temps chaud. Sa fabrication et son aspect en font un produit de luxe. Il se froisse " avec élégance " selon la publicité. Cette froissabilité est due à la présence de " genoux " sur les fibres, déformations locales qui provoquent la pliure de la fibre et sont atténuées par le repassage.